Les Etalons à la CAN 2010

"Il faut un environnement favorable au succès"

A
quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations 2010, la
Coordination nationale de soutien aux Etalons (CNSE) de Mahamady Koanda
s’active pour être à ce rendez-vous sportif en vue de pousser les
Etalons du Burkina Faso à la victoire. Mais le chemin qui mène en
Angola semble parsemé d’embûches. Dans cet entretien, le président de
la Coordination dénonce certains comportements, qui ne créent pas, à
son avis, un environnement favorable au succès de notre onze national.



Où en est la Coordination avec les préparatifs ?


• Comme je l’ai dit lors de notre
conférence de presse, j’ai signé un contrat avec Air Burkina, qui met à
notre disposition un avion de 130 places dont 120 disponibles. Le coût
du voyage tourne autour de 950 000 FCFA y compris celui du visa. Le
participant à l’expédition doit fournir une photocopie du passeport et
une carte de vaccination à jour. Sur place, une voiture sera disponible
pour trouver des maisons individuelles. Mais les membres de la
Coordination seront logés dans un hôtel à proximité du stade.


Combien avez-vous d’inscrits ?


• En toute sincérité, nous n’avons pas
beaucoup d’inscrits. Le communiqué de l’UNSE, qui propose le voyage à
500 000 FCFA, a brisé notre élan, et je pense que ç’a été fait à
dessein. Mais s’il s’avère que c’est le ministère des Sports et des
Loisirs qui affrète l’avion, nous allons réclamer notre part, puisque
nous sommes aussi des Burkinabè, et c’est avec l’argent du contribuable
que le vol sera effectué.


Le ministre prône l’union, sans doute il veut vous inclure dans sa démarche.


• Jean-Pierre Palm n’est pas en dehors
de la République, son collègue de l’Administration territoriale nous
reconnaît, pourquoi lui, il ferait de la résistance.


Pour le match
Eléphants # Etalons à Abidjan, un communiqué avait mis en garde les
supporters qui voyageraient en dehors de l’UNSE. Pour le déplacement en
l’Angola, qui est très loin, ne craignez-vous pas la même menace ?



• Dans tous les cas, nous sommes
respectueux des lois de la République. Nous avons fait une demande en
bonne et due forme et on a attendu deux ans pour obtenir notre
récépissé, signé de Clément P. Sawadogo. Ne serait-ce que par respect
pour son collègue, le ministre Palm devrait reconnaître notre
structure. Jusqu’à l’heure où je vous parle, il n’a jamais adressé une
correspondance à la Coordination pour quoi que ce soit.
Dans le bureau de la CNSE, beaucoup ont déjà occupé des postes de
responsabilité sur les plans sportif et politique. Nous sommes des
leaders locaux fabriqués par le président Blaise Compaoré. Nous n’avons
pas commis d’acte antiministre ni antisportif.


Le ministre Palm
parle rarement de la Coordination, alors qu’à chaque occasion vous
parlez de lui. Vous empêche-t-il véritablement d’exister ?



• C’est le débat et vos questions qui
amènent son nom. Cela dit, Palm ne me gêne pas en tant que Mahamady
Koanda, mais en tant que président de la Coordination, qui est une
organisation de la société civile.
Je participe à la CAN depuis 1992 sans l’aide de personne. Notre
structure ne bénéficie pas de l’aide de l’Etat, mais nous travaillons,
et, malgré tout, on nous met des bâtons dans les roues. Lors de la
supercoupe AJSB, on m’a informé que le ministre a tenu des propos
déplacés à l’endroit de nos membres, en leur disant qu’ils n’iraient
pas en Angola. Des cadres du ministère des Sports ont menacé des gens
hors du pays, qui travaillent à rendre notre séjour agréable.


L’UNSE a désormais un nouveau président. Peut-on s’attendre à un rapprochement ?


• Depuis la création de l’Union, nous
n’avons reçu aucun courrier de son bureau. Mais quand Jacob Barry a été
élu, nous lui avons adressé une correspondance pour le féliciter et
souhaiter que les conditions les meilleures soient réunies en vue d’un
cadre unitaire. Lors de notre dernière assemblée générale, nous avons
décidé d’aller à l’union, mais dans la dignité et le respect.
Toutefois, quand on parle d’unité, c’est donnant-donnant. Les deux
structures doivent disparaître au profit d’une nouvelle dénomination.


Quelles sont les chances des Etalons à cette CAN ?


• Je pense qu’il y a des joueurs qui
manquent sur la liste. Mais je ne suis qu’un supporter, je dois me
limiter à mon rôle, même si j’ai un diplôme d’entraîneur et sais ce que
c’est qu’un classement. Pour le succès des Etalons, il faut créer un
environnement positif en y allant en rangs serrés. Malheureusement, ce
n’est pas le cas, et c’est dommage.


Entretien réalisé par


Adama Ouédraogo
Damiss