De retour de Malabo pour la CAN 2012, où les Etalons du Burkina Faso ont été éliminés au premier tour, il est important de revenir sur certains détails qui ont marqué l’environnement de notre équipe nationale. Rien que ce que nous avons constaté sur le terrain. En tant qu’observateur bien avisé, il ne fallait pas désaxer l’équipe en pleine concentration pour cette compétition.
Aujourd’hui on peut tout dire sur l’environnement des Etalons à la CAN surtout que le parcours s’est achevé dès le premier tour après trois matchs, trois défaites. Un parcours qui a déçu le public sportif national sur les capacités de notre onze national à aller au-delà du premier tour lors des phases finales de la CAN. Il fallait donc être sur place pour comprendre un peu l’environnement autour de cette équipe. De l’extérieur, tout semblait bien engagé pour les Etalons dans cette compétition.
Mais sur place, nous étions face à la réalité. La première information que nous avons reçue une fois sur place est que les Etalons se sont vus dans l’obligation de changer d’hôtel car celui retenu par la Confédération africaine de football ne répondait pas à leur attente. Les chambres ne permettaient pas aux joueurs de se mettre à deux. Il fallait trouver une solution. C’est le consul honoraire du Burkina Faso en Guinée-Equatoriale, Ahmed Sorgho qui se chargera de trouver un hôtel convenable. Et c’est juste à côté de la Présidence Equato-guinéenne qu’il trouvera la solution, précisément à l’hôtel Sofitel. Un hôtel de même standing que les hôtels Sofitel que nous connaissons.
Là, il n’y a pas de chambre double, chacun occupe une chambre. Cette situation change les prévisions car maintenant, c’est le Burkina Faso qui doit prendre en charge le logement de ses joueurs. Le ministre des Sports et des Loisirs nous le fera comprendre. Il faut désormais ajouter aux dépenses cet imprévu. Le problème avec ce confort est qu’il est distant du terrain d’entraînement des Etalons de quelques kilomètres.
Le clash de Paulo Duarté
Jamais, on n’avait pu voir le coach des Etalons, Paulo Duarté dans un tel courroux. Après l’entretien du ministre des Sports et des Loisirs avec les joueurs la veille du match contre l’Angola et aussi avec ce dernier, il n’a pu retenir ses nerfs. A en savoir plus, l’entraîneur a été avisé qu’il devra se passer des services d’un autre élément après le forfait annoncé la veille de son capitaine Mahamoudou Kéré pour accumulation de cartons jaunes lors des éliminatoires. Mais pourquoi a-t-on attendu la veille du premier match pour le lui notifier ?
Jusqu’à présent, personne ne sait pourquoi Abdoul Razack Traoré n’a pu prendre part aux différentes compétitions. Sélectionné, ce joueur n’a finalement pas pris part à aucun des matchs des Etalons et personne n’a pu véritablement nous en donner les raisons. On ne peut pas avancer des raisons de blessure du joueur puisqu’il prenait part régulièrement aux séances d’entraînement. C’était des problèmes de papier ? A cette question, le Secrétaire général de la Fédération burkinabè de football, Emmanuel Zombré est très catégorique : « Il n’y a eu de problème de papier pour aucun joueur ». Tous les joueurs avaient leurs papiers à jour. Mais aussi comment comprendre l’absence de Djakaridja Koné lors du match contre la Côte d’Ivoire. Le joueur du Dynamo Bucarest n’a même pas figuré sur la feuille de match.
Avant le derby contre les Eléphants de la Côte d’Ivoire des intox ont beaucoup circulé dans les camps. La presse ivoirienne a déclaré avoir vu un joueur des Etalons la veille du match, dans une boîte de nuit à Malabo.
On a appris aussi du côté ivoirien que tout n’était pas rose, et des tractations avaient duré la moitié de la nuit. Une information que même les journalistes ivoiriens n’ont pas pu confirmer. Sans prendre position, il convient de le noter, il y a eu des problèmes de coordination dans notre équipe à tous les niveaux. Duarté ne fumait pas le même calumet que son employeur à savoir la Fédération burkinabè de football. Nous sommes nombreux à nous interroger si son bail qui court jusqu’en fin mars va être renouvelé. Le mandat de l’équipe du président Zambendé Théodore Sawadogo est au bout du rouleau depuis le 12 janvier 2012.
Elle ne peut pas prendre de décision dans ces conditions. Ce qui est sûr, dans le milieu fédéral burkinabè, le comportement du coach Duarté à cette CAN est resté dans la gorge, même si ce dernier, avons-nous appris a présenté ses excuses. C’est donc dire que la nouvelle Fédération burkinabè de football qui sera mise en place aura du pain sur la planche.
Firmin OUATTARA
L’Express du Faso